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de l’astrophysicien Hubert Reeves.

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Ce site est conçu pour vous apporter les réponses aux principales questions que vous vous posiez avant sa création. Y figurent en particulier une biographie et une bibliographie, la présentation des spectacles audiovisuels, les textes des chroniques diffusées hebdomadairement sur plusieurs médias, la présentation de l’association Humanité et Biodiversité (ex-Ligue ROC) dont j’ai été président de 2001 à 2015 et dont je suis président d’honneur depuis mars 2015, et l’agenda qui annonce certains des événements dans lesquels je suis impliqué.

Je remercie toutes les personnes qui me font l’honneur d’apprécier les informations glanées dans ce site. J’ai une pensée particulière pour tous ceux qui me font part de leurs efforts en faveur de la planète et de leur soutien à l’association Humanité et Biodiversité (présente aussi sur le réseau Facebook).

Signature d’Hubert Reeves



Lettre éditoriale

Les jeux du cirque

Paris, le 19 novembre 2016.

Visitant le site archéologique de Leptis Magna en Libye, dans l’amphithéâtre de 15.000 places, attestant de l’attrait pour les jeux du cirque pendant l’Empire romain, j’entends le guide décrire l’ambiance survoltée qui régnait à chaque spectacle sanglant. Chaque jour, disait-il, plus de mille êtres vivants, animaux et humains mouraient dans ces sinistres combats, à la plus grande joie des spectateurs impitoyables. Les sables du sol regorgeaient de sang. Ces cruels divertissements faisaient partie de la vie sociale, sans être remis en question.

Je me fis la réflexion suivante : à peu près nulle part ailleurs dans le monde, à ma connaissance, de telles manifestations de cruauté sur des êtres vivants ne donnent lieu à des festivités. Il est devenu impensable de jeter des humains en pâture aux bêtes affamées. De nos jours, la corrida qui n’implique pourtant pas de sacrifice humain, mais généralement celui du seul taureau, est l’objet d’une réprobation grandissante. Théodore Monod, à qui j’ai succédé à la présidence de l’association Humanité & Biodiversité, la qualifiait d’abomination.

Cette tendance va encore plus loin par rapport aux spectacles de cirque en général. Dans certains pays, aucun animal sauvage n’est toléré et dans d’autres plus aucun animal, quelle que soit l’espèce, n’est admis. On s’en tient à des numéros qui ne font plus intervenir d’animaux captifs. Cette absence d’animaux a contribué au succès international du Cirque du Soleil, et à celui du poétique Cirque Plume.

Que s’est-il passé ? Comment expliquer cette évolution ?

Ce souvenir de ma visite à Leptis Magna m’est revenu parce que les membres de notre association souhaitent l’évolution du statut des animaux sauvages. Il s’agit de leur reconnaître, à eux aussi, le statut d’êtres sensibles et la protection qui en découlerait contre des méthodes de chasse ou de capture devenant alors anachroniques. Certaines s’étonnent de l’intérêt porté à cette question à l’heure où bien d’autres problèmes sont autrement préoccupants.

Cette modification de la législation serait d’une grande importance sur le plan symbolique. Il s’agit, à mon sens, d’une tendance qui se poursuit à l’échelle de milliers d’années et qui montre une évolution positive de notre espèce.

De telles évolutions sont évidemment d’une grande fragilité. Des bouleversements sociaux suffisent parfois à tout remettre en cause même lorsqu’il s’agit des droits humains. L’histoire du IIIe Reich allemand est un exemple : les pulsions les plus sombres se libèrent quand elles ne sont plus socialement condamnées. Mais cela ne dure qu’un temps, ainsi le Reich s’effondre et la réprobation universelle se concrétise à nouveau avec les procès de Nuremberg.

Pourtant, d’autres actes ignominieux — les génocides, la lapidation de femmes, le lynchage — peuvent sembler remettre en cause la valeur de cette vision d’espoir en l’avenir de l’humanité. Il n’en reste pas moins que ces comportements sont aujourd’hui quasi universellement réprouvés.

En guise de conclusion : Il a fallu deux mille ans pour passer des jeux sanguinaires du cirque romain au Cirque du Soleil. Il faut donc cultiver l’espoir ! Et agir de façon organisée, car il est bon de rappeler l’importance de la pression sociale sur les gouvernements et les législateurs pour l’évolution des lois … Enfin, le constat que des humains prennent en compte le fait que, comme nous, les animaux sont sensibles à la souffrance est prometteur. Cela me paraît un nouveau pas en avant dans la vaste et difficile entreprise d’humaniser l’espèce humaine.

Amicalement,

Signature d’Hubert Reeves

PS : je conseille au lecteur le livre The Better Angels of Our Nature de Steve Pinker aux Éditions Penguin, paru en 2011. Cet auteur démontre que depuis l’Antiquité, la violence humaine est en diminution régulière et que, malgré les guerres, les génocides et autres barbaries, le XXe siècle est celui qui a fait le moins de victimes proportionnellement à la population mondiale. Les chiffres sont bien là !



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